Paris, le 27 octobre 2026,
Le Grand Orient de France condamne avec la plus grande fermeté l’attentat raciste commis à Trappes et à La Verrière. Il exprime sa profonde solidarité avec toutes les victimes, leurs proches et l’ensemble des habitants meurtris par cette fusillade de masse.
Face à l’horreur, l’indignation ne saurait suffire. Il nous appartient aussi de dénoncer les discours qui attisent la haine, désignent des boucs émissaires et font de l’origine, de la couleur de peau ou de la religion des motifs de suspicion et de rejet.
Car les mots ne sont jamais sans conséquences. Présenter l’étranger, l’immigré, le noir, le juif, l’arabe ou le musulman comme une menace, agiter le fantasme du « grand remplacement », c’est nourrir les préjugés et banaliser la haine. Celles et ceux qui propagent ces discours, particulièrement lorsqu’ils exercent des responsabilités politiques ou médiatiques, portent une responsabilité majeure dans l’installation d’un climat de stigmatisation propice au passage à l’acte.
Cette exigence vaut pour toutes les sensibilités politiques. Qu’ils prétendent défendre une identité nationale menacée ou combattre les dominations, les discours qui enferment les individus dans leurs origines ou leurs appartenances réelles ou supposées et encouragent les replis communautaires fragilisent notre pacte républicain et la reconnaissance de chacun comme être humain libre et égal en dignité et en droits.
Fidèle à ses valeurs humanistes, universalistes et républicaines, le Grand Orient de France réaffirme sa détermination à combattre sans relâche le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie et toutes les formes de discrimination. Il appelle les responsables politiques, les médias et l’ensemble des acteurs du débat public à refuser toute forme de stigmatisation.
La République ne se défend pas en désignant des ennemis parmi ses propres enfants. Elle se défend en faisant vivre, chaque jour, la liberté, l’égalité et la fraternité.
Guillaume TRICHARD
Grand Maître du Grand Orient de France